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Chapter 4

Chapter 4 of 6

Les grands perils du coeur

Le shirk, les crimes majeurs, la turpitude et la discipline de la parole dans une lecture de reforme interieure.

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121-161

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Ceux qui ne divisent pas les péchés en grands et petits

Certains savants ont soutenu que les péchés, dans leur ensemble, doivent être considérés comme des kabā’ir (grands péchés) lorsqu’on les rapporte à l’audace envers Allah – exalté soit-Il –, à Sa désobéissance et à la transgression de Son ordre. En effet, considérer Celui dont on a désobéi à l’ordre et violé les interdits sacrés implique que tous les péchés sont des kabā’ir, et qu’ils sont égaux dans cette corruption.

Ils ont expliqué cela en disant : Allah – exalté soit-Il – n’est point lésé par les péchés, et Il n’en est aucunement affecté. Par conséquent, aucun péché n’est plus grave qu’un autre à Son égard. Il ne reste donc que la simple désobéissance et la transgression de Son commandement, sans distinction entre un péché et un autre.

Ils ont également argumenté en disant que la corruption inhérente aux péchés découle de l’audace et de l’insolence envers le droit du Seigneur – béni et exalté soit-Il. Ainsi, si un homme boit du vin ou commet une fornication illicite tout en ignorant leur caractère interdit, il cumule à la fois l’ignorance et la corruption de l’acte illicite. En revanche, s’il agit en connaissant leur prohibition, il ne commet qu’une seule de ces corruptions, et c’est lui qui mérite le châtiment, contrairement au premier. Cela prouve que la corruption du péché dépend de l’audace et de l’insolence.

Ils ont ajouté que la désobéissance implique nécessairement le mépris de l’ordre et de l’interdiction de Celui qui est obéi, ainsi que la violation de Sa sacralité. Or, il n’y a aucune différence à cet égard entre un péché et un autre.

Ils ont conclu que le serviteur ne doit pas considérer la grandeur ou la petitesse du péché en soi, mais plutôt la grandeur de Celui qu’il a désobéi, Son immensité, et la violation de Sa sacralité par la désobéissance. Or, cette situation ne varie pas entre une désobéissance et une autre. Par exemple, si un roi puissant et obéi ordonne à l’un de ses deux serviteurs de se rendre en mission importante dans un pays lointain, et à l’autre d’accomplir une tâche près de la maison, puis que tous deux lui désobéissent et transgressent son ordre, ils seront égaux dans son courroux et dans la perte de sa considération.

Ils ont illustré cela en disant que la désobéissance de celui qui délaisse le Hajj alors qu’il se trouve à La Mecque, ou qui abandonne la prière du vendredi alors qu’il est voisin de la mosquée, est plus grave aux yeux d’Allah que la désobéissance de celui qui se trouve dans un lieu éloigné. En effet, l’obligation qui incombe au premier est plus grande que celle du second. De même, si un homme possède deux cents dirhams et refuse de s’en acquitter la zakāt, et qu’un autre en possède deux cent mille et agit de même, ils sont égaux dans le refus de ce qui est obligatoire pour chacun d’eux. Il n’est pas exclu qu’ils soient égaux dans le châtiment si tous deux persistent à refuser la zakāt de leurs biens, que ceux-ci soient peu ou nombreux.

Chapitre La vérité dans cette question

Chapitre

Pour lever le voile sur cette question, il convient de dire :

Allah – puissant et glorifié – a envoyé Ses messagers, révélé Ses livres et créé les cieux et la terre afin qu’Il soit connu et adoré…

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Et qu’Il soit Unifié, et que la religion soit toute entière à Allah, de même que toute obéissance Lui soit vouée, et que l’appel (la da’wa) soit pour Lui, comme l’a dit le Très-Haut : « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » [Sourate Adh-Dhâriyât : 56]

Et Il a dit, exalté soit-Il : « Nous n’avons créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux qu’en toute vérité. » [Sourate Al-Hijr : 85]

Et Il a dit, exalté soit-Il : « Allah est Celui qui a créé sept cieux et autant de terres. Le commandement descend entre eux, afin que vous sachiez qu’Allah est Omnipotent sur toute chose et qu’Allah embrasse toute chose de Sa science. » [Sourate At-Talâq : 12]

Et Il a dit, exalté soit-Il : « Allah a institué la Ka‘ba, la Maison sacrée, comme un lieu de rassemblement pour les hommes, ainsi que le mois sacré, les offrandes et les guirlandes, afin que vous sachiez qu’Allah sait ce qui est dans les cieux et sur la terre, et qu’Allah est Omniscient. » [Sourate Al-Mâ’ida : 97]

Ainsi, le Très-Glorifié nous a informés que l’intention derrière la création et le commandement est que Ses noms et attributs soient connus, qu’Il soit adoré seul sans qu’on Lui associe quoi que ce soit, et que les hommes établissent la justice (al-qist), qui est l’équité sur laquelle reposent les cieux et la terre. Comme Il l’a dit, exalté soit-Il : « Nous avons certes envoyé Nos messagers avec les preuves, et fait descendre avec eux le Livre et la Balance, afin que les hommes établissent la justice. » [Sourate Al-Hadîd : 25]

Le Très-Glorifié nous a donc informés qu’Il a envoyé Ses messagers et révélé Ses livres afin que les hommes établissent la justice, et parmi les plus grandes formes de justice se trouve le tawhîd (l’unicité divine), qui en est le fondement et le pilier. Quant au shirk (l’associationnisme), il est une immense injustice, car le shirk est la pire des injustices, tandis que le tawhîd est la plus parfaite des justices. Ainsi, ce qui s’oppose le plus à cet objectif est le plus grand des péchés capitaux, et leur gravité varie selon le degré d’opposition à cet objectif. En revanche, ce qui s’y conforme le plus est le plus obligatoire des devoirs et le plus impérieux des actes d’obéissance.

Médite donc profondément ce principe, et considère ses détails pour connaître la sagesse du Plus Sage des juges, du Plus Savant des savants, dans ce qu’Il a prescrit à Ses serviteurs et ce qu’Il leur a interdit, ainsi que la hiérarchie des actes d’obéissance et des désobéissances.

Puisque le shirk envers Allah est en soi contraire à cet objectif, il est le plus grand des péchés capitaux, sans exception. Allah a interdit le Paradis à tout associateur, et Il a rendu licite son sang, ses biens et sa famille aux gens du tawhîd, et qu’ils les prennent pour esclaves, car ils ont abandonné l’accomplissement de Son adoration. Allah, exalté soit-Il, n’agrée aucun acte d’un associateur ni ne l’accepte de lui.

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Intercession ou exaucement d’une invocation dans l’au-delà, ou encore pardon d’une faute, car le polythéiste est le plus ignorant des ignorants en ce qui concerne Allah, puisqu’il Lui a attribué un égal parmi Ses créatures. Cela constitue l’apogée de l’ignorance à Son égard, tout comme c’est l’apogée de l’injustice de sa part, même si le polythéiste n’a pas été injuste envers son Seigneur, mais seulement envers lui-même.

Chapitre Le polythéisme de l’intercession

Chapitre Le polythéisme de l’intercession

Une question s’est posée, à savoir : le polythéiste ne vise en réalité que la glorification de la majesté du Seigneur, béni et exalté soit-Il, et que, en raison de Sa grandeur, il n’est pas convenable de L’approcher sans intermédiaires ni intercesseurs, à l’instar des rois. Le polythéiste n’a donc pas pour intention de manquer de respect à la Seigneurie, mais plutôt de L’honorer. Il dit : « Je n’adore ces intermédiaires que pour qu’ils me rapprochent de Lui, qu’ils me guident et m’introduisent auprès de Lui. » Lui est le but recherché, et ceux-ci ne sont que des moyens et des intercesseurs. Pourquoi donc cette attitude est-elle cause de Sa colère et de Son courroux, béni et exalté soit-Il, et entraîne-t-elle la damnation éternelle dans le Feu, ainsi que le versement du sang de ses adeptes, la violation de leur honneur et la confiscation de leurs biens ?

De cette question découle une autre interrogation : Allah, glorifié soit-Il, peut-Il légiférer pour Ses serviteurs de se rapprocher de Lui par le biais d’intercesseurs et d’intermédiaires, de sorte que l’interdiction de cette pratique ne soit déduite que de la Loi révélée ? Ou bien cette pratique est-elle intrinsèquement répréhensible selon la nature originelle et la raison, au point qu’aucune législation divine ne pourrait la prescrire ? Bien au contraire, les législations divines ne font que confirmer ce que la nature et la raison reconnaissent comme étant la pire des turpitudes. Et quelle en est la raison, pour qu’Il ne pardonne pas ce péché, contrairement aux autres, comme Il l’a dit : « Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés. En deçà de cela, Il pardonne à qui Il veut. » [Sourate An-Nisā’ : 48]

Réfléchis donc à cette question, concentre ton cœur et ton esprit sur sa réponse, et ne la prends pas à la légère, car c’est par elle que se distinguent les polythéistes des monothéistes, les savants en matière de divinité des ignorants, et les gens du Paradis de ceux de l’Enfer.

Les deux types de polythéisme

Nous disons, et c’est en Allah que résident la réussite et le soutien, de Lui nous implorons l’assistance et la guidance. « Celui qu’Allah guide, nul ne peut l’égarer, et celui qu’Il égare, nul ne peut le guider. » [Sourate Al-Kahf : 17] Il n’y a point d’empêcheur à ce qu’Il donne, ni de pourvoyeur à ce qu’Il refuse.

Le polythéisme est de deux sortes :

1. Un polythéisme qui touche à l’essence du Dieu adoré, à Ses noms, à Ses attributs et à Ses actes. 2. Un polythéisme dans Son adoration et Son culte, même si celui qui le commet croit qu’Allah, exalté soit-Il, n’a point d’associé dans Son essence, ni dans Ses attributs, ni dans Ses actes.

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Le premier type de polythéisme se divise en deux catégories :

La première : Le polythéisme de la négation (shirk al-taʿṭīl), qui est la plus vile des formes de polythéisme. Tel est le polythéisme de Pharaon lorsqu’il dit : « Et quel est le Seigneur des mondes ? » (Sourate Al-Shuʿarāʾ, 23).

Allah – exalté soit-Il – rapporte également à son sujet qu’il dit à Hāmān : « Et Pharaon dit : "Ô Hāmān, construis-moi une tour afin que j’atteigne les voies – les voies des cieux – et que je puisse observer le Dieu de Moïse ; et je pense vraiment qu’il est un menteur." » (Sourate Ghāfir, 36-37).

Ainsi, le polythéisme et la négation sont indissociables : tout polythéiste est un négateur, et tout négateur est un polythéiste. Cependant, le polythéisme n’implique pas nécessairement une négation absolue ; bien au contraire, le polythéiste peut reconnaître l’existence du Créateur – glorifié soit-Il – et Ses attributs, mais il nie la vérité de l’unicité divine (tawḥīd).

La négation (al-taʿṭīl) La racine du polythéisme et son fondement, vers lequel il revient, est la négation. Celle-ci se divise en trois catégories :

1. La négation de l’œuvre par rapport à son Auteur et Créateur. 2. La négation du Créateur – exalté soit-Il – de Sa perfection sacrée, par la négation de Ses noms, de Ses attributs et de Ses actes. 3. La négation de Son droit dans le rapport qu’Il entretient avec Ses serviteurs, quant à ce qui incombe à ces derniers en matière de vérité de l’unicité divine.

De cette négation découle le polythéisme d’une partie des adeptes de l’unicité de l’existence (waḥdat al-wujūd), qui affirment : « Il n’y a ni Créateur ni créature, ni deux réalités distinctes ; bien au contraire, la Vérité absolue (al-Ḥaqq al-munazzah) se confond avec la création, qui Lui est assimilée. » De même, le polythéisme des matérialistes (al-malāḥidah), qui soutiennent l’éternité passée et future du monde, affirmant qu’il n’a jamais été inexistant, mais qu’il a toujours existé et existera toujours. Selon eux, tous les événements contingents découlent de causes et d’intermédiaires qui en ont déterminé l’existence, qu’ils nomment « les intelligences » et « les âmes ».

De cette négation procède également le polythéisme de ceux qui ont nié les noms du Seigneur – exalté soit-Il –, Ses attributs et Ses actes, parmi les extrémistes des jahmiyyah et des qarmates. Ceux-ci ne Lui ont reconnu ni nom ni attribut, allant jusqu’à considérer la créature comme plus parfaite que Lui, alors que la perfection de l’Être réside précisément dans Ses noms et Ses attributs.

Chapitre Le polythéisme de ceux qui associent à Allah une autre divinité

Le second type : Le polythéisme de ceux qui Lui associent une autre divinité, sans pour autant nier Ses noms, Ses attributs ni Sa seigneurie. Tel est le polythéisme des chrétiens, qui ont fait de Lui une trinité, divinisant le Messie et sa mère.

De même, le polythéisme des mages (al-majūs), qui attribuent les événements bénéfiques à la lumière et les événements maléfiques aux ténèbres.

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Et parmi ces formes d’associationnisme (shirk) figure celui des Qadarites, qui affirment que la créature est celle qui crée ses propres actes, et que ceux-ci surviennent sans la volonté, la puissance et le dessein d’Allah. C’est pourquoi ils sont comparables aux Mages.

Et parmi ces formes d’associationnisme, il y a celui de celui qui disputa avec Ibrâhîm au sujet de son Seigneur {lorsqu’Ibrâhîm dit : « Mon Seigneur est Celui qui donne la vie et donne la mort »} [Sourate Al-Baqara : 258]. Celui-ci s’est érigé en égal d’Allah, prétendant donner la vie et la mort, tout comme Allah donne la vie et la mort. Ibrâhîm lui opposa alors que, selon la logique de ses propos, il devait être capable de faire venir le soleil d’un autre côté que celui par lequel Allah le fait apparaître. Cela ne constitue pas un changement de sujet, comme l’ont prétendu certains dialecticiens, mais bien une conséquence logique de son argument s’il était vrai.

Et parmi ces formes d’associationnisme, il y a celui de beaucoup de ceux qui associent aux astres supérieurs, les considérant comme des divinités régissant les affaires de ce monde, à l’instar de la doctrine des polythéistes sabéens et autres.

Et parmi ces formes, il y a le shirk des adorateurs du soleil, des adorateurs du feu et autres.

Parmi eux, certains prétendent que leur objet d’adoration est le Dieu véritable ; d’autres affirment qu’il est le plus grand des dieux ; d’autres encore soutiennent qu’il n’est qu’un dieu parmi d’autres, et que s’ils le vouent exclusivement à leur culte, en s’y consacrant et en s’y attachant, il se tournera vers eux et prendra soin d’eux. Certains enfin croient que leur divinité inférieure les rapproche de celle qui lui est supérieure, et que cette dernière les rapproche de celle qui lui est encore supérieure, jusqu’à ce que ces divinités les rapprochent d’Allah, gloire à Lui et exalté soit-Il. Ainsi, les intermédiaires se multiplient parfois, et parfois se réduisent.

Chapitre Le shirk dans l’adoration

Quant au shirk dans l’adoration, il est plus facile à commettre que ce shirk-là, et son cas est plus léger. Il émane de celui qui croit qu’il n’y a de divinité qu’Allah, qu’Il est le seul à nuire ou à profiter, à donner ou à priver, qu’il n’y a de dieu que Lui et de Seigneur que Lui. Cependant, il ne réserve pas à Allah seul son adoration et sa soumission. Il agit parfois pour son propre intérêt, parfois pour rechercher les biens de ce monde, parfois pour obtenir considération, rang et prestige auprès des créatures. Ainsi, une part de ses actes et de ses efforts revient à Allah, une autre à son âme, à ses désirs et à ses passions, une autre encore à Satan, et une dernière aux créatures. Tel est l’état de la plupart des gens, et c’est là le shirk dont le Prophète ﷺ a dit, selon ce qu’a rapporté Ibn Hibbân dans son Sahîh : « Le shirk dans cette communauté est plus discret que le pas d’une fourmi. » On lui demanda : « Comment nous en préserver, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « Dites : Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le fait de T’associer quoi que ce soit en le sachant, et je Te demande pardon pour ce que j’ignore. »

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Le riya (l’ostentation) est entièrement du chirk (associationnisme). Le Très-Haut a dit : « Dis : "Je ne suis qu’un être humain comme vous, à qui il a été révélé que votre Dieu est un Dieu unique. Quiconque espère rencontrer son Seigneur, qu’il accomplisse une œuvre pieuse et n’associe personne dans l’adoration de son Seigneur." » [Sourate Al-Kahf : 110].

C’est-à-dire : de même qu’Il est un Dieu unique, sans aucun autre dieu que Lui, de même l’adoration doit Lui être exclusivement réservée. Tout comme Il est seul dans Sa divinité, Il doit être seul dans l’adoration qui Lui est vouée. Ainsi, l’œuvre pieuse est celle qui est exempte de riya et conforme à la Sunna.

Parmi les invocations de ‘Umar ibn al-Khattâb – qu’Allah soit satisfait de lui – figurait celle-ci : « Ô Allah, fais que toutes mes œuvres soient pieuses, rends-les sincères pour Ton Visage, et ne laisse à personne aucune part en elles. »

Ce chirk dans l’adoration annule la récompense de l’acte, et peut même entraîner un châtiment si l’acte était obligatoire, car il place son auteur au même rang que celui qui ne l’a pas accompli, le rendant ainsi passible de punition pour avoir délaissé l’ordre divin. En effet, Allah – exalté soit-Il – n’a ordonné Son adoration que sous une forme pure et exclusive. Il a dit : « Il ne leur a été ordonné, cependant, que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, en étant droits [dans leur foi]. » [Sourate Al-Bayyinah : 5].

Celui qui n’est pas sincère envers Allah dans son adoration n’a pas accompli ce qui lui était ordonné. Bien plus, ce qu’il a fait est autre chose que ce qui lui était commandé : cela n’est donc ni valide ni accepté de sa part. Allah dit : « Je suis Celui qui Se passe le plus des associés. Quiconque accomplit une œuvre en y associant autrui, Je le laisse à son associé, et Je Me désolidarise de lui. » Les catégories du chirk Ce chirk se divise en [chirk] pardonnable et impardonnable, majeur et mineur. La première catégorie se subdivise elle-même en grand et plus grand, et rien de tout cela n’est pardonnable. Parmi ses formes figure le chirk dans l’amour et la vénération : aimer une créature comme on aime Allah. Cela fait partie du chirk qu’Allah ne pardonne pas, et c’est celui dont Il a dit : « Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or, les croyants sont les plus ardents en l’amour d’Allah. » [Sourate Al-Baqara : 165].

Et les adeptes de ce chirk dirent à leurs divinités, alors qu’ils étaient rassemblés dans la Géhenne : « Par Allah ! Nous étions certes dans un égarement évident, quand nous vous égalions au Seigneur de l’univers. » [Sourate Ash-Shu‘arâ’ : 97-98].

Il est bien connu qu’ils ne les ont pas égalés à Lui – exalté soit-Il – dans la création, la subsistance, le fait de donner la mort et la vie, la royauté, le pouvoir. Non, ils les ont égalés à Lui dans l’amour, l’adoration, la soumission et l’humilité. Cela est l’apogée de l’ignorance et de l’injustice. Comment peut-on égaler la poussière au Seigneur des seigneurs ? Comment peut-on égaler les esclaves au Maître des nuques ? Comment…

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Le pauvre par essence, le faible par essence, l’incapable par essence, le nécessiteux par essence – celui dont l’être même n’est que néant – est-il mis sur un pied d’égalité avec le Riche par essence, le Puissant par essence, dont la richesse, la puissance, la souveraineté, la générosité, la bienfaisance, la science, la miséricorde et la perfection absolue et totale sont des attributs inhérents à Son essence ?

Quel injustice est plus odieuse que celle-ci ? Et quel jugement est plus inique que celui qui assimile Celui qui n’a point d’égal à Ses créatures, comme l’a dit le Très-Haut : « Louange à Allah qui a créé les cieux et la terre, et établi les ténèbres et la lumière. Pourtant, ceux qui ont mécru donnent des égaux à leur Seigneur ! » [Sourate Al-An‘âm : 1].

Ainsi, le polythéiste met sur le même plan Celui qui a créé les cieux et la terre, et établi les ténèbres et la lumière, avec celui qui ne possède, pour lui-même ni pour autrui, fût-ce le poids d’un atome dans les cieux ou sur la terre ! Ô quelle équité qui recèle la pire et la plus hideuse des injustices !

Chapitre Le polythéisme dans les actes, les paroles, les volontés et les intentions

Ce polythéisme s’accompagne du polythéisme envers Lui – exalté soit-Il – dans les actes, les paroles, les volontés et les intentions.

Le polythéisme dans les actes comprend : - la prosternation devant un autre que Lui, - les circumambulations autour d’un autre que Sa Maison, - le rasage de la tête en signe d’adoration et de soumission à un autre que Lui, - le baiser des pierres autres que la Pierre Noire, qui est la « main droite d’Allah sur terre », - le baiser des tombes et leur toucher rituel, - la prosternation devant elles.

Or, le Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a maudit ceux qui prennent les tombes des prophètes et des pieux comme mosquées pour y prier Allah. Que dire alors de ceux qui prennent les tombes pour idoles et les adorent en dehors d’Allah ?

Dans les deux Sahîh (Al-Bukhârî et Muslim), il est rapporté qu’il – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a dit : « Qu’Allah maudisse les Juifs et les Chrétiens : ils ont pris les tombes de leurs prophètes comme mosquées. »

Dans le Sahîh, il est rapporté : « Les pires des hommes sont ceux que l’Heure surprendra vivants, ainsi que ceux qui prennent les tombes comme mosquées. »

Et dans un autre hadith authentique : « Ceux qui vous ont précédés prenaient les tombes comme mosquées. Eh bien ! Ne prenez pas les tombes comme mosquées, car je vous l’interdis. »

Dans le Musnad de l’imam Ahmad – qu’Allah lui fasse miséricorde – et le Sahîh d’Ibn Hibbân, il est rapporté qu’il – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a dit : « Qu’Allah maudisse les visiteuses de tombes, ceux qui y érigent des mosquées et y allument des lampes. »

Et il a dit : « La colère d’Allah s’est intensifiée contre un peuple qui a pris les tombes de ses prophètes comme mosquées. »

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Il a dit : « Certes, ceux qui vous ont précédés, lorsqu’un homme vertueux mourait parmi eux, construisaient sur sa tombe une mosquée et y plaçaient ces images. Ceux-là sont les pires des créatures auprès d’Allah au Jour de la Résurrection. »

Ainsi, quelle est la condition de celui qui se prosterne pour Allah dans une mosquée bâtie sur une tombe ? Comment donc serait la condition de celui qui se prosterne devant la tombe elle-même ?

Le Prophète ﷺ a dit : « Ô Allah, ne fais pas de ma tombe une idole que l’on adore. » Et le Prophète ﷺ a protégé le dogme de l’unicité divine (Tawhid) avec la plus grande vigilance, allant jusqu’à interdire les prières surérogatoires pour Allah, exalté soit-Il, au lever et au coucher du soleil, afin d’éviter toute ressemblance avec les adorateurs du soleil qui se prosternent devant lui en ces deux moments.

Il a également obstrué toute voie (sadd al-dharî‘a) en interdisant la prière après la prière de l’après-midi (‘Asr) et celle de l’aube (Fajr), en raison du lien entre ces deux périodes et les moments où les associateurs se prosternent devant le soleil.

Quant à la prosternation devant autre qu’Allah, il a dit : « Il ne convient à personne de se prosterner devant quiconque, si ce n’est devant Allah. » Or, l’expression « il ne convient pas » (lâ yanbaghi), dans le discours d’Allah et de Son Messager ﷺ, désigne ce qui est absolument interdit par la loi religieuse, comme dans Sa parole, exalté soit-Il : « Il ne convient pas au Miséricordieux de prendre un enfant » (Sourate Maryam, 19:92), et Sa parole : « Cela ne Lui convient pas » (Sourate Yâ-Sîn, 36:69), ainsi que : « Les démons ne sont pas descendus avec lui, et cela ne leur convient pas » (Sourate Al-Shu‘arâ’, 26:210-211), et Sa parole : « Il ne nous convenait pas de prendre en dehors de Toi des protecteurs » (Sourate Al-Furqân, 25:18).

Chapitre L’associationnisme dans la parole] Chapitre L’associationnisme dans la parole

Parmi les formes d’associationnisme (shirk) envers Allah, exalté soit-Il, figure l’associationnisme dans la parole, comme le fait de jurer par autre que Lui. Ainsi, Ahmad et Abû Dâwûd rapportent d’après lui ﷺ qu’il a dit : « Celui qui jure par autre qu’Allah a commis un acte d’associationnisme. » Al-Hâkim et Ibn Hibbân l’ont jugé authentique.

Parmi ces formes figure également la parole de celui qui dit à une créature : « Ce qu’Allah et toi avez voulu », comme il est établi que le Prophète ﷺ a dit à un homme qui lui avait dit : « Ce qu’Allah et toi avez voulu » : « M’as-tu placé comme égal à Allah ? Dis plutôt : Ce qu’Allah seul a voulu. »

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Ceci, alors même que Dieu a reconnu à l’homme une volonté, comme Il le dit : « À quiconque parmi vous voudra suivre le droit chemin » (Sourate At-Takwîr, 81:28).

Comment donc qualifier celui qui dit : « Je m’en remets à Dieu et à toi », « Je me suffis de Dieu et de toi », « Je n’ai d’autre recours que Dieu et toi », « Ceci vient de Dieu et de toi », « Ceci relève des bénédictions de Dieu et des tiennes », « Dieu est mon garant au ciel, et toi sur terre » ?

Ou encore celui qui dit : « Par Dieu et par la vie d’Untel ! », « Je fais vœu pour Dieu et pour Untel », « Je me repens devant Dieu et devant Untel », « J’espère en Dieu et en Untel », et autres expressions semblables ?

Compare ces paroles avec celles de celui qui dit : « Ce que Dieu et toi ont voulu », puis examine laquelle est la plus grave. Il t’apparaîtra clairement que leur auteur mérite davantage la réponse que le Prophète ﷺ adressa à celui qui prononça cette parole, et que si ce dernier fut considéré comme ayant fait de son interlocuteur un égal à Dieu, celui-là a fait de quelqu’un qui n’atteint en rien le rang du Messager de Dieu ﷺ – voire qui en est peut-être un ennemi – un égal au Seigneur des mondes.

Car la prosternation, l’adoration, la confiance absolue (tawakkul), le retour à Dieu (inâba), la piété, la crainte révérencielle, le fait de se suffire de Lui, le repentir, le vœu, le serment, la glorification, la proclamation de Sa grandeur, l’attestation de Son unicité, la louange, la demande de pardon, le rasage de la tête en signe de soumission et d’adoration, le tawâf autour de la Kaaba, l’invocation… tout cela relève exclusivement du droit de Dieu. Il n’est permis ni convenable de les attribuer à un autre, fût-ce un ange rapproché ou un prophète envoyé.

Dans le Musnad de l’imam Ahmad, il est rapporté : « Un homme fut amené au Prophète ﷺ pour avoir commis un péché. Lorsqu’il se tint devant lui, il dit : “Ô Dieu, je me repens auprès de Toi et ne me repens pas auprès de Muhammad.” Le Prophète ﷺ dit alors : “Il a reconnu le droit à qui de droit.” »

Chapitre Le polythéisme dans les volontés et les intentions

Le polythéisme dans les volontés et les intentions est cet océan sans rivage, dont peu réchappent. Quiconque agit en recherchant autre chose que la Face de Dieu, ou forme une intention autre que de se rapprocher de Lui et d’obtenir Sa récompense, a associé dans son intention et sa volonté.

L’ikhlâs (sincérité exclusive) consiste à purifier pour Dieu ses actes, ses paroles, sa volonté et son intention. Telle est la hanîfiyya, la religion d’Abraham, que Dieu a prescrite à l’ensemble de Ses serviteurs et dont Il n’agrée aucune autre. Elle est l’essence même de l’islam : « Quiconque désire une religion autre que l’islam, cela ne sera point accepté de lui, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants » (Sourate Âl ‘Imrân, 3:85). C’est la religion d’Abraham, et quiconque s’en détourne compte parmi les plus insensés des insensés.

Chapitre La réalité du polythéisme

Si vous souhaitez des ajustements (ex. : plus de notes explicatives, une traduction plus littérale de certains termes), n'hésitez pas à me le préciser.

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Lorsque vous aurez saisi cette introduction, la réponse à la question mentionnée s’éclairera à vous. Nous disons donc, et c’est à Allah seul que nous demandons la justesse :

La réalité du polythéisme (shirk) consiste à assimiler le Créateur à la créature et à attribuer à celle-ci des caractéristiques divines. Tel est le véritable tashbîh (assimilation), et non l’affirmation des attributs de perfection par lesquels Allah s’est Lui-même décrit et par lesquels Son Messager ﷺ L’a décrit. Celui dont Allah a renversé le cœur, aveuglé la clairvoyance et précipité dans l’égarement par ses propres actes a inversé l’ordre des choses : il a fait du tawhîd (unicité) une assimilation et de l’assimilation un acte d’adoration et d’obéissance. Ainsi, le polythéiste (mushrik) assimile la créature au Créateur dans les attributs exclusifs de la divinité.

Parmi les attributs exclusifs de la divinité figure l’exclusivité du pouvoir sur le préjudice, le bienfait, l’octroi et la privation. Cela implique que l’invocation (du‘â’), la crainte (khawf), l’espoir (rajâ’), la confiance (tawakkul) ne doivent être adressés qu’à Lui seul. Quiconque attribue cela à une créature a assimilé celle-ci au Créateur, faisant de ce qui ne possède ni pouvoir sur son propre préjudice ni sur son propre bienfait, ni sur sa mort, ni sur sa vie, ni sur sa résurrection – et encore moins sur autrui – l’égal de Celui à qui appartient toute chose, dont les rênes de l’univers sont entre Ses mains et vers qui tout retourne. Ce qu’Il veut advient, et ce qu’Il ne veut pas n’advient pas. Nul ne peut retenir ce qu’Il donne, ni donner ce qu’Il retient. Lorsqu’Il ouvre à Son serviteur les portes de Sa miséricorde, nul ne peut la retenir ; et s’Il la lui refuse, nul ne peut la lui accorder.

L’une des pires formes d’assimilation consiste à comparer cet être impuissant et pauvre en essence au Tout-Puissant, Riche par essence.

Parmi les attributs exclusifs de la divinité figure également la perfection absolue sous tous ses aspects, sans aucune déficience sous quelque rapport que ce soit. Cela exige que toute adoration Lui soit réservée exclusivement : la vénération, le respect, la crainte, l’invocation, l’espoir, le repentir, la confiance, l’assistance, et l’extrême humilité associée à l’extrême amour. Tout cela doit Lui être voué exclusivement, par la raison, la loi religieuse (shar‘) et la nature primordiale (fitra). Il est rationnellement, légalement et naturellement impossible que cela soit adressé à un autre que Lui. Quiconque attribue ne serait-ce qu’une partie de cela à un autre a assimilé cet autre à Celui qui n’a ni semblable, ni égal, ni pareil. Cette assimilation est la plus vile et la plus nulle. En raison de sa gravité et de l’injustice extrême qu’elle implique, Allah (qu’Il soit exalté) a informé Ses serviteurs qu’Il ne la pardonnerait pas, bien qu’Il se soit prescrit à Lui-même la miséricorde.

Parmi les attributs exclusifs de la divinité figure encore l’adoration (‘ubûdiyya), qui repose sur deux piliers sans lesquels elle ne saurait exister : l’extrême amour, associé à l’extrême humilité. Telle est la perfection de l’adoration, et les degrés des créatures en celle-ci varient selon leur degré dans ces deux fondements.

Quiconque voue son amour, son humilité et sa soumission à un autre qu’Allah a assimilé cet autre à Lui dans ce qui Lui revient en propre. Or, il est impossible qu’une loi religieuse (sharî‘a) parmi les lois divines puisse prescrire une telle chose. Sa laideur est ancrée dans toute nature saine et toute raison droite, mais les cœurs ont été altérés…